Il lui sourit puis lui demanda :
« Connais-tu le yi King ? »
« J'en ai entendu parler, c'est un art divinatoire non ? »
Il eut l'air agréablement surpris par sa réponse. Elle remercia intérieurement sa copine Michelle qui était fan
de ces trucs-là et l'avait prise comme cobaye lors de ses différentes tentatives de divination. Tarot de Marseille, de Beline, yi King, chiromancie...
D'ailleurs, en y repensant, elle lui avait prédit une rencontre insolite dans un endroit inattendu.
C'était il y a plusieurs mois mais elle ne s'en souvenait que maintenant.
Elle en parla à Cédric qui eut l'air intrigué et lui répondit d’un ton sérieux :
« C'est drôle, on m'a déclaré la même chose il y a 2 mois. Un ami de ma mère m’a fait un tirage du yi King et
selon son interprétation, il m'a dit que j'allais bientôt rencontrer une femme... différente. »
« Vraiment ? »
Elle leva les sourcils et poursuivit d'un ton ironique :
« Serions-nous victime d'un complot ? »
« Haha ! Surement ! Et ils ont les moyens ! Réquisitionner un train entier rien que pour nous ! Mais tu sais, je
ne plaisante pas. J'allais justement t'en parler avant que tu ne me racontes ton histoire. C'est tout de même bizarre ! »
Ils se regardèrent un long moment en silence, un ange passa mais ne les gêna pas le moins du monde.
Elle fut la première à détourner le regard.
Elle aimerait maintenant lui dire que d'ordinaire elle est coincée, froide et distante avec les inconnus, mais
que pour une fois, elle veut se lâcher, oublier sa carapace de femme inaccessible.
Elle ne sait pas pourquoi mais il lui inspire confiance, et puis, songe-t-elle, après cette nuit dans le train,
leur chemin se sépareront... Alors, elle peut se permettre de se réinventer, juste pour un soir...
Elle se mord la lèvre, et ce geste anodin est une invitation. Ses lèvres réclament les siennes.
C'est le moment que choisit le chauffeur du train pour mettre la lumière en veille, les plongeant ainsi dans une
pénombre propice au rapprochement.
Elle retire son gilet posé près d'elle puis ose…ose lui proposer de s'y installer.
Il fait semblant d’hésiter un court instant puis s'assied tout près d'elle et lui offre son épaule.
« La journée a été longue, je te propose de te servir d'oreiller jusqu'à 2h du matin, ensuite ce sera ton tour !
»
Le clin d’œil qu'il lui lance achève de la mettre à l'aise, elle pose sa tête et allonge ses jambes sur le
siège.
Au bout de 5mn, elle trouve la position inconfortable, alors elle relève la tête et son regard croise à nouveau
le sien.
Il se passe un fragment de seconde ou encore une éternité avant que leurs lèvres se frôlent, se reconnaissent,
s'apprivoisent, puis se soudent. Un baiser de cinéma, un de ceux qui semble irréel, mais le courant qui les traverse lui, ne l'est surement pas.
Il ouvre ses bras. Elle s'y blottie d’avantage. Leurs langues dansent sur une musique qui ne joue que pour
eux.
Elle reprend ses esprits un long moment plus tard, allongée aux côtés de Cédric, à même le sol recouvert de
leurs vêtements.
Sa tête est posée sur la poitrine du jeune homme. À sa respiration régulière elle comprend qu'il dort
profondément.
Elle se remémore la scène :
Sans cesser de s'embrasser, ils se sont mutuellement déshabillé, puis il s'est levé, et s'est débrouillé pour
leur faire un mince matelas sur le sol.
Elle s'est levée à son tour, l’a fait s'allonger et est montée sur lui, en amazone. Dès la première pénétration,
elle a connu un orgasme incroyable.
Lui s'étant retenu, n’avait pas hésité à retourner la situation. Sa bouche avait glissé entre ses jambes et ses
doigts l’avaient pénétrée en rythme. Il avait excité son clitoris jusqu'à la limite du supportable.
Puis il s'était étendu sur elle, et doucement, dans une cadence lente et profonde, ils étaient montés ensemble
au 7ème ciel.
Rien que d'y penser, elle sentit une rougeur lui monter aux joues, et en passant sa main entre ses jambes, elle
sentit qu'elle mourait d'envie de recommencer !
Pourtant, le sexe n’était pas une de ces activités préférées. Elle voyait l’acte plutôt de manière pragmatique,
presque mécanique, elle avait déjà ressentie du plaisir bien sur, mais jamais à ce point.
Et puis, elle s'était plus souvent sentie gênée dans ces situations. Même avec son mari, elle ne parvenait pas à
se détendre complètement, à s'abandonner au plaisir.
Il y avait toujours une pensée parasite pour venir l’embrouiller, des trucs aussi stupides que : Faut pas que
j'oublie de mettre le linge à sécher -ou encore- J'ai mon pied qui me démange !
Alors que là...
à suivre...